Miami Beach : le réchauffement climatique, une donne incontournable pour l’immobilier

Miami Beach : le réchauffement climatique, une donne incontournable pour l’immobilier

La montée du niveau de la mer constitue une menace pour toutes les villes côtières dans le monde. Celles des États-Unis ne dérogent pas à cette règle. Miami est dans ce cas et le secteur immobilier anticipe déjà cette éventualité avec une modification de la structure du marché. Les maisons en bord de mer ne connaissent plus autant de succès, les prix tendent donc à la baisse.

Une sombre perspective

Le réchauffement climatique est bien une réalité à l’image d’un rapport publié par l’Académie américaine des sciences. D’après la publication, si rien n’est fait dans les prochaines années, on va vers une montée du niveau des océans de 2 mètres en 2100. La Floride est un des États les plus menacés aux États-Unis.

Pour avoir une idée des conséquences, ce sont deux tiers de Miami Beach qui se retrouveraient sous l’eau d’ici la fin du siècle. Les chiffres dans les colonnes du Guardian ont de quoi bouleverser les Floridiens. Plus de la moitié des citoyens américains vivant à moins de 1.2 m d’altitude (4.2 millions) habitent dans le sud de la Floride (2.4 millions). D’après les estimations, quelque 64 000 maisons dans l’État dont 12 000 à Miami Beach pourraient être sujettes à des inondations toutes les deux semaines.

Objectif élévation

Les États américains sont les plus vulnérables au réchauffement climatique. Outre les ouragans et les tempêtes de plus en plus intenses, le niveau de la mer sera également problématique. Cette donne est plus que jamais considérée sur le marché immobilier. Les investisseurs sur le long terme ne peuvent pas ignorer les résultats des études effectuées jusqu’ici.

Ainsi, on assiste actuellement à une modification de la politique de prix en Floride avec une inversion entre emplacement et élévation. Ainsi, si actuellement, une propriété en bord de mer est plus chère qu’une autre située plus à l’intérieur des terres, cela devrait changer à moyen terme. Cela commence d’ailleurs à se ressentir avec notamment les loyers de plus en plus élevés dans le quartier en hauteur de Little Haïti.

Certes, il est difficile d’imputer directement cette tendance à la montée du niveau des eaux, mais c’est un fait. Les promoteurs se ruent vers cette zone d’ordinaire de plus faible valeur pour y investir. Concrètement, le prix médian des propriétés y a augmenté de 35% entre 2018 et 2019. Pendant ce temps, il est resté pratiquement au même niveau à Miami Beach, l’augmentation sur l’ensemble de Miami étant de 8%. Toutefois, la chute progressive des prix ces dernières années à Key Biscayne est symptomatique. Si en décembre 2015 le prix médian était de 2.3 millions, il s’établissait à 1.54 million en janvier 2019. On note ainsi une baisse de 33%.

Avec le réchauffement climatique, les riches propriétaires des maisons de rêve sur les plages de Miami doivent se résigner à s’enfoncer un peu plus à l’intérieur des terres.

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