New York : une politique de réduction des dépenses énergétiques des grattes ciels

New York : une politique de réduction des dépenses énergétiques des grattes ciels

New York, la ville de lumières, est également une des cités les plus cosmopolites au monde. Son paysage est marqué par une multitude de gratte-ciels qui rivalisent de beauté et d’originalité. Si ces infrastructures sont une fierté pour la ville, elles représentent également une telle consommation d’énergies et d’émissions de gaz à effet de serre, que les autorités ont dû prendre des mesures pour les rendre moins énergivores. C’est là qu’intervient la loi « Climate Mobilization Act ».

La loi « Climate Mobilization Act »

Vers la fin du mois d’avril 2019, la ville de New York a entériné la loi « Climate Mobilization Act » dans le cadre de son engagement à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Cette loi concerne notamment les gratte-ciels puisqu’elle vise les édifices de plus de 23 000m². Ces bâtiments doivent se conformer aux règlements relatifs à la réduction des émissions de 40% d’ici 2030, en se basant sur le niveau de 2005.

Si les gratte-ciels ont spécialement été ciblés par cette loi, ce n’est pas sans raison. Ces édifices sont de véritables énergivores, dans la mesure où la majorité d’entre elles possèdent des façades de verre qui scintillent au soleil. Elles sont abondamment équipées d’ampoules et autres luminaires. Les ascenseurs par dizaines, l’air conditionné, le chauffage représentent énormément de dépenses énergétiques et d’une grande quantité d’émissions de gaz à effet de serre.

La majorité de ces immeubles ont été conçus avant 2005, soit avant les préoccupations mondiales sur la protection de la couche d’ozone et le réchauffement climatique. Aujourd’hui, le coût des travaux pour se mettre aux normes est considérable, pour ne pas dire colossale. Selon les estimations, ces travaux de rénovation coûteraient plus de 4 milliards de dollars, ce qui n’est pas sans conséquence sur la volonté des propriétaires. D’ailleurs, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le secteur immobilier conteste la mise en vigueur de cette loi. Pourtant la mairie de New York garantit des facilités d’emprunts à long terme pour la réalisation des travaux.

Si le secteur immobilier conteste, les observateurs parlent de l’adoption d’une « loi révolutionnaire ». Nilda Mesa, directrice du programme de développement durable de l’Université Columbia estime que cette loi aura des répercussions positives pour la ville en générale. Outre le fait de lutter contre le réchauffement climatique, la loi « Climate Mobilization Act » va créer un nouveau marché et augmenter la demande en technologies d’efficacité énergétique. Interrogée sur la résistance des propriétaires, elle avance qu’ils finiront par s’adapter à ce nouveau contexte et trouveront les points positifs à mettre en avant. « D’ici une dizaine d’années, cette loi finirait par être une référence pour les autres États américains et les pays européens confrontés au même cas ».

50 000 bâtiments visés par la loi « Climate Mobilization Act »

À l’heure où la lutte contre le changement climatique se trouve au cœur des préoccupations mondiales, les architectes conçoivent des tours adaptés à la maîtrise de l’énergie. L’on nommera notamment le Shard de Londres et la Shanghai Tower de Chine. Beaucoup pourtant reste à faire pour transformer les gratte-ciels conçus avant et qui consomment trop d’énergie. Rien qu’à New York, 50 000 bâtiments sont visés par la loi « Climate Mobilization Act ».

L’Empire State Building a donné le ton, et a déjà débuté son programme de rénovation en 2009. Le coût total des travaux de rénovation est estimé à 550 000 millions de dollars. Ils englobent notamment la transformation de plus de 6500 fenêtres et de 67 ascenseurs, le remplacement de 3 millions d’ampoules. Le coût de ces rénovations devrait être amorti 4 ans après les travaux. Ce processus devrait réduire la consommation d’énergie de plus de 40%.

D’autres bâtiments ont du mal à se mettre aux normes à cause du coût exorbitant des travaux, à l’instar de la Trump Tower, un tour à façade de verre parmi tant d’autres à New York. Les travaux sont pourtant incontournables dans les 40 prochaines années. Ce qu’il faudrait retenir, c’est que cette transformation est rentable en termes de consommation énergétique.

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